samedi 10 octobre 2009

MES PROPOSITIONS POUR L’AVENIR DE SAINT-LOUIS-SILLERY

J’ai intitulé « Propositions » les mesures qui suivent, parce que c’est le maire qui aura l’initiative du programme. Au Conseil, l’élu indépendant a le même poids de vote que celui du maire et des autres conseillers. Il peut aussi soumettre des avis de propositions. Je propose donc aux gens de mon district de diversifier leur investissement.

La vision d’ensemble

La vision que je propose aujourd’hui est celle de réaliser une urbanisation responsable en vue de faire du développement viable. Et de gérer la Ville en conséquence.

Le PDAD de la Ville présentait des orientations favorables en ce sens, mais les compromis politiques ont maintenu des «placards» qui placent la ville centrale en compétition avec les plus mauvais exemples de ses voisines pour satisfaire une clientèle de jeunes premiers acquéreurs.

Constat : l’étalement urbain se poursuit à Québec, et cela coûte cher aux ménages. Pour contrer l’étalement urbain, il faut favoriser une offre de logement aux familles plus près de leurs lieux de travail – pour réduire le gaspillage de temps, la pollution et les coûts de transports. Plutôt que d’entretenir le gaspillage (en argent, temps et pollution), la Ville doit investir dans le développement viable (réduction de GES, gain de temps et investissement profitable à moyen et long terme).

Des mesures spécifiques

1) Un système de transport public efficient

Constat : Près de 25 000 navetteurs de la rive sud traversent les ponts deux fois par jour, contre 8000 dans l’autre sens. Ralentis sur les artères comme le boulevard Laurier, une partie de ceux-ci encombrent les rues locales, d’où les crises vécues dans les quartiers Saint-Louis-de-France et St-Yves, pour ne mentionner que ceux-là!.

Solution : Il est urgent de mettre en place un système central de transport public très supérieur en rapidité et confort à l’offre actuelle, en débutant dans l’axe Sainte-Foy – Beauport, soit de la Pointe-Ste-Foy à d’Estimauville. Ce système doit être complété par un réseau de bus articulés utilisant des voies réservées sur le pont Laporte, les autoroutes et certains boulevards.

L’offre de transport en commun doit être attractive en durée et en qualité de parcours, pour réaliser l’objectif d’efficience en transport compatible avec le développement viable: soustraire de la route toutes les voitures qui peuvent l’être, de façon à améliorer la fluidité de celles qui doivent y rester! En fin de compte, notre bilan collectif d’émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) sera de beaucoup amélioré!

La clientèle cible est donc formée des personnes qui utilisent leur voiture seulement pour se rendre au travail et qui pourraient gagner du temps et sauver de l’argent en utilisant un moyen alternatif plus rapide et moins polluant. Cela ne peut se faire qu’en garantissant au transport en commun un avantage comparatif en temps et en espace.

2) Un moratoire sur le développement dans les zones boisées

L’avis de proposition que j’ai déposé au Conseil de ville le 1er octobre dernier vise à se donner le temps de définir la valeur de ce que nous détruisons chaque fois que nous délivrons un permis de développement dans les zones boisées.

Constat : Le résultat est parfois catastrophique, comme ce fut le cas pour le projet de construction autorisé sur le Chemin Saint-Louis, à l’entrée de la plage Jacques-Cartier. Un boisé intact, plus que centenaire, probablement à haute valeur paysagère, patrimoniale, écologique a été entièrement rasé sur la propriété où seront érigés des condos.

Solution : La valeur fiscale de ce projet pour la Ville ne prend pas en compte la valeur du boisé perdu, ce que j’appelle le “coût d’opportunité écologique». La Ville doit développer un outil d’analyse de cette valeur écologique et l’utiliser lors de l’étude des projets de développement.

3) L’aménagement d’un parc à vocation piétonnière au sud des domaines conventuels, et la création de deux nouvelles zones vertes de conservation

Ce parc linéaire a été proposé lors des consultations publiques tenues en 2006 dans l’Arrondissement de Sainte-Foy-Sillery. Ce parc serait l’amorce d’un Parc des grands domaines qui inclurait à la fois des zones parcs sur chaque propriété en développement, et deux zones supplémentaires présentées ci-après.

La Ville doit demander à la Commission de la Capitale nationale (CCNQ) d’acquérir deux propriétés :

  • La première, sur la partie ouest de la propriété des religieuses de Jésus-Marie, soit 70 mètres linéaires entre le Domaine Benmore et le Collège de Jésus-Marie, entre le Chemin Saint-Louis et la falaise. Il s’agit du dernier grand pré, qui préserve la percée visuelle sur le fleuve et la Rive-Sud.
  • La seconde, sur le terrain en pointe situé à l’ouest du cimetière Saint-Patrick bordant la propriété à partir du Chemin Saint-Louis. Ce terrain compte une dizaine de grands érables et chênes de valeur patrimoniale et un boisé de plus jeunes chênes.

4) Identifier les meilleurs sites de développement

En contrepartie à ces objectifs de conservation et de mise en valeur des milieux naturels, une urbanisation responsable exige d’identifier dans l’arrondissement historique, des lieux pour insérer du logement collectif.

Il s’agit des sites suivants:

  • Les terrains situés au pied de la Côte de Sillery, entre Samuel-de Champlain et la Falaise; il devra accueillir un projet d’ensemble exemplaire, compte tenu de sa localisation et du lien à faire avec le belvédère de l’église Saint-Michel nouvellement aménagé, la côte de Sillery et de nouveaux transports durables.
  • Une partie du stationnement au sud du Montmartre, le long de l’avenue du Maire- Beaulieu.
  • Au sud de la rue Roger-Lemelin, sur une portion dégagée située au nord-ouest de la propriété des religieuses de Sainte-Jeanne-d’arc; aucun boisé ne serait touché par cette insertion.
  • Au sud-est du Collège Jesus-Marie, dans le prolongement du vieux village, entre les rues Louis-A.-Bélisle et du Cardinal-Persico. Ce périmètre préserverait l’aréna Jacques-Côté et comporterait une vaste zone parc adjacente à la partie ouest de la propriété acquise par la CCNQ.
  • Le domaine de Benmore pourrait aussi partager le terrain non-développé en une construction (si elle est compatible avec la présence de la Maison Michel-Sarrazin) et une zone parc reliant le parc linéaire longeant la falaise.
  • Le terrain au sud du bâtiment de la Fédération des Augustines, dont le traitement suivrait le même principe de développement que les précédents.

Il est important de rappeler que toutes les hypothèses de développement possibles dans l’arrondissement historique doivent faire l’objet d’un plan particulier d’urbanisme (PPU) qui est annoncé depuis la consultation publique réalisée par l’arrondissement en 2006, mais dont l’exécutif retarde la publication et la discussion par les citoyens.

5) Ailleurs dans le district, deux secteurs ont notamment fait l’objet de préoccupations et de discussions publiques:

  • L’Ilot Lapointe : actuellement résidentiel de basse densité, ce secteur attend le PPU du boulevard Laurier. Je propose une mixité d’usages : administratif, résidentiel collectif et parc. Il faudra des gabarits de hauteur variable, et des parcours piétonniers et cyclables liés aux parcs existants et à venir. Il faut aussi une étude d’impact de tout développement sur la circulation.
  • La rue des Hôtels : le ministère des Transports, maitre-d’œuvre du projet, est en attente d’un plan concept de la CCNQ pour la «porte d’entrée de la capitale». Cependant, il faudra éviter d’implanter une zone de tourisme bruyante (genre glissades d’eau), mais réserver le site pour du développement hôtelier, du transport collectif et de l’habitation dense; il faudra aussi assurer une protection intégrale des boisés.

6) Pour améliorer la qualité de vie dans le district

Je propose notamment d’élargir l’appui au secteur communautaire, d’accueillir des activités intergénérationnelles, de mettre en valeur des secteurs du Chemin Saint-Louis et de mieux encadrer et gérer la circulation locale. Ce dernier point est particulièrement sensible, compte tenu de l’augmentation du nombre, de la taille et de l’utilisation des automobiles dans les rues locales. J’ai plaidé à plusieurs reprises pour une vitesse maximale de 40 km dans les quartiers résidentiels. Nous devrions nous inspirer de la politique de sécurité routière qui existait à Sillery.

Je vous invite à consulter mon dépliant de campagne, qui vous sera distribué prochainement, pour connaître mes autres propositions pour l’avenir du district Saint-Louis-Sillery et de la Ville de Québec.